Pendant plusieurs jours, We Explore a sillonné les eaux méditerranéennes avec à son bord François et Véronique Sarano - océanographes, spécialistes des cétacés - et les équipes d'acousticiens d'Hervé Glotin.
Cette nouvelle expédition, menée dans le cadre de Whale-WAY 7, du programme La Voix des Cachalots porté par Longitude 181, s'inscrit dans un travail d'observation engagé depuis plusieurs années.

L'Objectif : mieux comprendre les cachalots qui fréquentent le sanctuaire Pelagos, leurs habitudes, leurs zones de résidence, afin de définir des mesures de protections adéquates.

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Écouter avant de voir

Sur le terrain, l'observation ne commence pas par une rencontre avec un cachalot mais par l'écoute.

Pendant plusieurs jours, l'équipage à longé leur habitat, une zone où les fonds atteignent entre 1 000 et 1 500 mètres de profondeur, avec des hydrophones immergés pour tenter de détecter et d'identifier les "clics" produits par les cachalots.

Cette écoute vient enrichir les observations visuelles et permet de mieux documenter la présence des cachalots dans ces eaux.

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Un habitat essentiel… au cœur d'une zone très fréquentée

En Méditerranée, les collisions et les blessures par hélices sont la première cause de mortalité non naturelle des cachalots.


Le cachalot de Méditerranée, classé « en danger d'extinction » par l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), ne compte que quelques milliers d'individus, dont une partie séjourne dans les eaux françaises, au cœur du sanctuaire Pélagos.


Ainsi, les cachalots ont très peu de chance d’éviter les bateaux à plus de 10 nœuds ; au-delà de 15 nœuds, la collision leur est fatale dans 80 % des cas.

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De l'observation à la recommandation

Pour proposer des recommandations adaptées à la problématique de collision, il est essentiel que ces missions soient menées dans la durée.
Les observations ne constituent pas une fin en soi, mais permettent de mieux documenter les zones fréquentées par les cachalots et d'alimenter la réflexion sur les mesures susceptibles de réduire les risques.

Aujourd'hui, un navire lancé à grande vitesse peut ne pas détecter un cachalot à temps, et une collision peut même passer inaperçue depuis le bord.


De plus, les écarts de vitesse entre les navires sont importants. Un ferry à destination de la Corse peut naviguer entre 16 et 20 nœuds, tandis que certains grands yachts peuvent atteindre 35 nœuds.

À partir de ces constats, une recommandation est portée : Abaisser la vitesse des grands navires à 10 nœuds dans les eaux territoriales françaises, dans les secteurs fréquentés par les grands cétacés.

François Sarano Océanographe, spécialiste des cétacés

Nous savons où vivent les cachalots, ce qui les tue, et comment les protéger. Réduire la vitesse dans les eaux territoriales sauverait des vies dès aujourd’hui. Ce qui manque n’est pas la connaissance, c’est la décision.
Nos objectifs sont réalistes, simples, limités et clairs.

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Une présence politique à bord : Catherine Chabaud

Cette mission s’est également déroulée en présence de Catherine Chabaud, navigatrice, ancienne députée européenne et actuellement Ministre déléguée de la Mer et de la pêche.

Sa participation à l’expédition s’inscrit dans la continuité d'un engagement pour une meilleure prise en compte des enjeux maritimes dans les politiques publiques.

À bord, sa présence a permis de relier les observations scientifiques et de terrain aux enjeux de gouvernance et de décision.


Une manière de rappeler que la protection des cétacés ne dépend pas uniquement de la connaissance scientifique, mais aussi des choix collectifs en matière de navigation, de régulation et d’aménagement des espaces maritimes.

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Continuer d'observer pour mieux protéger

Cette nouvelle mission a prolongé un travail engagé depuis plusieurs années aux côtés de François et Véronique Sarano et des équipes d'acousticiens d'Hervé Glotin.


Car protéger les cachalots c'est d'abord connaître leur habitat, comprendre leurs comportements et documenter les menaces auxquelles ils sont confrontés dans la durée.


Et le travail est encore long, car la veille du départ de l'expédition, un cachalot sans vie a été observé par Roland Jourdain, très probablement victime d’une collision avec un navire…

« Le symbole est brutal : c'est pour étudier et protéger les cachalots que l'équipage de We Explore prend la mer et non pour recenser les cadavres. »
Roland Jourdain

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L'expédition Cachalots en image

L'ensemble des photos et images présentes dans cet article sont signées Maxime Horlaville - Mxhpics

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